La rhizarthrose, ou arthrose du pouce, touche l’articulation située à la base du pouce (trapézo-métacarpienne). Elle entraîne progressivement douleurs, raideurs et perte de force, compliquant les gestes quotidiens comme écrire, cuisiner ou simplement tourner une clé.
Dans la majorité des cas, la prise en charge repose d’abord sur des traitements conservateurs : port d’orthèses, infiltrations, kinésithérapie, adaptation des gestes du quotidien. Ces solutions permettent de réduire la douleur, mais elles ne traitent pas la cause de la maladie. La chirurgie reste à ce jour la seule solution pour soigner durablement la rhizarthrose.
Quand envisager une intervention chirurgicale ?
La chirurgie n’est pas proposée dès les premiers symptômes. Elle s’intègre dans un parcours de soin progressif où l’on commence par des mesures simples et non invasives. Le recours à une opération peut être discuté lorsque :
- La douleur devient chronique et invalidante, parfois nocturne, perturbant le sommeil.
- Les gestes du quotidien (tenir un stylo, porter un sac, bricoler) ne sont plus possibles sans douleur.
- La mobilité du pouce est fortement réduite.
- La qualité de vie et l’autonomie sont significativement altérées.
Les solutions conservatrices (orthèses, infiltrations, rééducation) permettent de gagner du temps et de soulager les symptômes, mais elles ne guérissent pas l’arthrose. Lorsque la gêne devient trop importante, la chirurgie est la seule option thérapeutique capable de traiter réellement l’articulation.
Chaque patient étant unique, la décision de se faire opérer repose sur un dialogue avec un chirurgien de la main. Notre annuaire de chirurgiens permet de trouver un spécialiste à proximité.
👉 Pour comprendre l’évolution de la maladie et ses stades, retrouvez aussi la page dédiés sur les différents stades.
Les deux grandes options chirurgicales
La trapézectomie : une technique éprouvée
LeLa trapézectomie consiste à retirer l’os trapèze, source de frottements douloureux. Elle est souvent associée à une ligamentoplastie (reconstruction tendineuse) pour stabiliser l’articulation.
Avantages :
- Technique ancienne, avec un recul clinique important.
- Soulagement durable de la douleur.
- Peu de risque de complications mécaniques.
Limites :
- Récupération plus longue (souvent plusieurs mois).
- Possibilité d’une légère perte de force de préhension.
- Parfois une modification esthétique du pouce.
Cette option est fréquemment choisie pour les personnes plus âgées ou dont l’os trapèze est très abîmé.
La prothèse trapézo-métacarpienne : une solution moderne
La prothèse vise à remplacer l’articulation usée par un implant. Inspirée des prothèses de hanche ou de genou, elle s’adresse souvent à des patients encore actifs ou ayant de fortes exigences fonctionnelles.
Fonctionnement de la prothèse
- Une cupule est fixée dans l’os trapèze.
- Une tige est insérée dans le premier métacarpien.
- Certaines prothèses comportent une pièce intermédiaire mobile pour optimiser la stabilité.
Avantages :
- Récupération plus rapide qu’après une trapézectomie.
- Mobilité et force de pincement mieux conservées.
- Résultat esthétique naturel, sans raccourcissement visible du pouce.
Limites :
- Durée de vie estimée entre 10 et 15 ans.
- Non indiquée en cas de destruction osseuse trop avancée.
- Risque rare mais possible de descellement ou d’instabilité.
Les prothèses utilisent des matériaux éprouvés (titane, polyéthylène haute densité, alliages métalliques) et bénéficient d’un recul clinique de plus de 25 ans.
Convalescence et résultats attendus
LaAprès une opération, le patient passe par plusieurs étapes :
- Immobilisation temporaire du pouce, dont la durée dépend de la technique utilisée.
- Rééducation avec un kinésithérapeute pour restaurer la mobilité, la force et la coordination.
- Reprise progressive des activités, d’abord les gestes simples puis les efforts plus soutenus.
La majorité des patients rapporte une nette amélioration :
- Douleurs réduites ou disparues.
- Geste plus fluide et naturel.
- Retour à une autonomie satisfaisante.
👉 Pour en savoir plus sur cette phase, consultez aussi notre article Opération de la rhizarthrose : convalescence et résultats.
Une décision partagée avec le chirurgien
Le choix entre trapézectomie et prothèse ne se limite pas à l’âge : il dépend surtout du niveau de gêne, de l’anatomie de l’articulation et du projet de vie du patient.
Lors de la consultation, le chirurgien et le patient doivent répondre à deux questions simples :
- Le patient : ai-je plus mal que peur d’être opéré ?
- Le chirurgien : y a-t-il plus de bénéfices que de risques à intervenir à ce moment précis ?
C’est ce dialogue qui permet de prendre une décision éclairée et adaptée.
Conclusion
La chirurgie de la rhizarthrose n’est envisagée qu’en dernier recours, lorsque la douleur et le handicap fonctionnel ne sont plus tolérables malgré les traitements médicaux. Les approches conservatrices sont utiles pour soulager la douleur et préserver la mobilité, mais elles ne guérissent pas la maladie.
La chirurgie, qu’il s’agisse d’une trapézectomie ou d’une prothèse trapézo-métacarpienne, reste la seule solution pour soigner l’arthrose du pouce. Le choix doit être adapté à chaque patient et discuté sereinement avec un chirurgien spécialisé de la main.
👉 Pour découvrir d’autres solutions dans le parcours de soin, consultez la page Traitement.